Pas de décret, pas de texte gravé dans le marbre : au Maroc, aucune loi n’impose le voile aux femmes, ni dans la rue, ni dans les bureaux de l’administration. Pourtant, il suffit de traverser le pays pour sentir combien la perception du hijab varie, de Tanger à Ouarzazate, d’une génération à l’autre, du cœur des grandes villes aux replis des campagnes.
Certains métiers fixent pourtant des limites nettes : police, magistrature, écoles privées… Le voile peut y être proscrit, alors qu’ailleurs, il n’est pas même évoqué. Entre choix personnels, attentes collectives et repères religieux, le hijab au Maroc s’inscrit dans un équilibre subtil, jamais figé.
Le port du hijab au Maroc : entre tradition et réalité contemporaine
Dans Fès, les femmes portent le voile au Maroc de mille façons. À Casablanca, le hijab moderne croise la route de vêtements occidentalisés. À Marrakech, la djellaba évolue, coiffée d’un foulard ou portée tête nue. Les codes du port voile Maroc naviguent entre héritages séculaires et réinterprétations du présent.
Pour mieux cerner cette diversité, voici les principaux types de voile observés dans le pays :
- Le hijab, il couvre les cheveux, le cou, parfois la poitrine. C’est la forme la plus courante dans les grandes villes marocaines.
- Le niqab, ce voile qui ne laisse voir que les yeux reste rare, plutôt cantonné à certains quartiers ou régions.
- La burqa, voile intégral, quasi inexistant au Maroc, bien plus présent dans les débats internationaux que dans la rue marocaine.
Le haïk ou le selham, ces voiles traditionnels transmis de mère en fille, s’effacent peu à peu. Les femmes marocaines jonglent avec la tradition, la modernité, les souhaits familiaux. Le choix du voile, et la manière de le porter, répondent à l’environnement, au moment, parfois à l’état d’esprit du jour.
À la campagne, le voile islamique épouse les coutumes, loin de tout discours officiel. En ville, le port du hijab devient souvent une affirmation de liberté ou un clin d’œil à l’histoire familiale. Le voile couvrant cheveux s’affiche, se transforme, se réinvente, refuse la monotonie.
Que dit la loi marocaine sur le port du voile ?
Le code pénal marocain ne mentionne aucune obligation de porter le voile. Nulle trace d’un voile obligatoire dans les textes de loi. Les femmes marocaines, qu’elles couvrent ou non leurs cheveux, n’encourent aucune sanction. Sur le papier, chacune décide pour elle-même.
Aucune interdiction du port du voile n’a jamais été édictée par les autorités. Le port voile autorisé, hijab ou foulard traditionnel, échappe à toute restriction générale. Le ministère de l’intérieur s’est abstenu de toute directive visant à imposer ou bannir le voile couvrant les cheveux ou le niqab dans la vie courante.
En 2017, pourtant, un tournant : dans plusieurs villes, le ministère a interdit la fabrication et la commercialisation de vêtements couvrant totalement le visage. L’objectif ? Préoccupations sécuritaires et ordre public. Mais cette mesure ne visait pas le port, seulement la production et la vente de ces articles.
Le port du hijab ou du voile classique reste donc, dans les faits, une décision intime. Pas d’obligation, pas d’interdiction. Les femmes marocaines choisissent leur tenue, sans pression légale, entre coutume, religion et envie personnelle.
Pratiques et perceptions : comment la société marocaine aborde le hijab
Le voile au Maroc prend mille visages dans les rues : hijab discret, foulard traditionnel enveloppant, cheveux découverts. Le port du voile ne répond à aucun uniforme : c’est un subtil dosage entre pression sociale, croyance religieuse, affirmation identitaire.
À Rabat, surtout dans les quartiers populaires, la norme sociale favorise souvent le port hijab. Ailleurs, le choix personnel domine : le voile devient affaire de valeurs, de trajectoire familiale ou de confort. Au fil du pays, le port voile s’adapte, tiraillé entre tradition, racines rurales, tendances urbaines et regard des autres.
Trois grandes motivations se dégagent pour expliquer ces pratiques :
- Affirmation religieuse pour certaines
- Expression d’un choix personnel pour d’autres
- Réponse à une pression sociale parfois discrète, mais bien réelle
Le paysage vestimentaire marocain prouve que la société est loin d’être figée. Le voile islamique ne signifie pas uniformité. Les femmes portant voile côtoient celles qui s’en passent, entre legs du passé et envies d’émancipation. Les droits des femmes se vivent au pluriel, bien loin de tout stéréotype.
Choisir de porter le voile : une question d’identité et de liberté individuelle
Le choix personnel s’exprime dans chaque façon d’arranger le tissu. Au Maroc, le port du hijab reste une histoire de liberté individuelle, éloignée de toute obligation dictée par l’État. Ni le code pénal marocain, ni le ministère de l’intérieur ne rendent le voile obligatoire. Contrairement à l’Arabie saoudite, l’Iran ou l’Afghanistan, ici, la femme voile se prononce, selon son parcours, ses convictions, son entourage.
La notion de laïcité y prend une tout autre dimension qu’en France. Aucune loi interdisant ou imposant le port du hijab. Le voile choix personnel devient un signe, un message pour les proches ou pour soi. Pour certaines, il prolonge la foi ; pour d’autres, il protège ou reste un accessoire. Les débats autour des droits des femmes font entendre une pluralité de voix : porter ou non le voile islamique, c’est souvent négocier entre héritage, pression sociale et désir d’affirmation. Le Maroc, loin de livrer une réponse unique, abrite toute une palette de vécus, du village à la métropole.
Pour résumer la réalité marocaine :
- Pas d’obligation port hijab dans la législation du pays
- Des pratiques variées selon la région, la famille, la trajectoire
- Un dialogue constant entre coutumes et aspirations individuelles
Au Maroc, le voile ne s’impose ni ne s’efface. Il se choisit, se discute, se transforme. À chaque coin de rue, la liberté se tisse dans la matière du quotidien, sans mode d’emploi universel ni vérité unique. La société avance, les codes bougent, et la pluralité reste la seule règle qui compte, pour aujourd’hui comme pour demain.


