Les friperies sont une excellente alternative aux magasins de vêtements ordinaires, que vous soyez fou de vêtements vintage, que vous vous souciez de l’environnement ou que vous souhaitiez simplement économiser quelques euros. Voici une sélection des meilleures friperies économiques de Paris, par Isabella Galante, correspondante de Secrets of Paris.
Longtemps avant que la mode durable ne devienne un mot d’ordre, les vêtements rétro et recyclés s’imposaient déjà dans les rues de Paris. Aujourd’hui, la demande pour la seconde main explose, portée autant par l’envie de consommer différemment que par la nécessité de limiter le gaspillage textile. Les vitrines débordent de vestes en cuir, de jeans délavés, de robes à pois, et la chasse à la bonne affaire fait partie du plaisir.
A voir aussi : Les marques de vêtements tendance à adopter pour adolescente
Avant de parcourir les allées ou de fouiller les portants, quelques astuces pratiques peuvent vous éviter de mauvaises surprises :
- Pensez à prendre du liquide : la plupart des boutiques n’acceptent les paiements par carte qu’à partir de 5€. Quelques pièces et petits billets suffisent pour parer à toute éventualité.
- Évitez les heures de pointe : les samedis et dimanches, les friperies parisiennes se transforment en fourmilières. Si vous pouvez, privilégiez une visite en semaine pour profiter du calme et fouiller à votre rythme.
- Prévoyez un sac réutilisable : de nombreux magasins ne fournissent plus de sacs gratuitement. Autant joindre l’utile à l’agréable et sortir avec votre butin dans un tote bag solide.
- Ne cédez pas à l’achat impulsif : une veste à 1€ ? Alléchant, mais interrogez-vous : est-ce vraiment votre style, ou finira-t-elle oubliée au fond du placard ?
- Enfin, si vous manquez de temps ou ne pouvez pas vous déplacer, sachez que plusieurs friperies françaises proposent aussi leurs sélections en ligne.
Friperie en ligne : pour dénicher le vintage sans bouger de chez soi
Paris regorge d’adresses pour les chineurs, mais le repérage demande de la patience. Si l’idée de faire défiler les portants depuis votre salon vous séduit, les friperies en ligne sont une vraie mine d’or. Le secret ? Y revenir régulièrement et garder un œil sur les nouveautés relayées sur les réseaux sociaux : c’est là que tombent les meilleures trouvailles.
A lire en complément : Les meilleures adresses pour acheter ses vêtements d'homme
Où acheter des vêtements de seconde main sur internet ?
Pour vos emplettes digitales, une excellente adresse consiste en cette boutique vintage en ligne homme et femme. On y trouve des vêtements de seconde main à petit prix, du vintage pour tous les genres, mais aussi de beaux accessoires comme des écharpes, bonnets ou casquettes d’époque.
Si votre quête porte sur des vêtements de marque, tournez-vous vers les friperies en ligne de luxe. Certaines proposent des pièces griffées et sacs en cuir vintage, à des tarifs bien inférieurs au neuf.
Comment dénicher des vêtements de seconde main pas chers en ligne ?
Pour économiser vraiment, ciblez les périodes de soldes ou les ventes privées. C’est là que surgissent les meilleures offres et les stocks les plus alléchants. Pour ne rien rater, l’idéal est de s’abonner à la newsletter de vos friperies en ligne favorites : une alerte et vous voilà prêt à shopper les nouvelles pépites.
Les friperies en ligne solidaires et certaines boutiques vintage à 1€ valent aussi le détour pour faire de vraies affaires. À Paris comme à Toulouse, ces adresses solidaires regorgent de trésors insoupçonnés, parfois à prix plancher. Si vous passez par la ville rose, pensez à explorer les friperies locales et solidaires pour étoffer votre garde-robe sans vous ruiner.
Magasins de friperies
Croix Rouge
Envie d’un chemisier en soie à 5€ ? Les boutiques caritatives de la Croix Rouge font figure de références pour qui cherche des tenues à prix cassé. Outre les vêtements pour tous, on y déniche aussi des livres, DVD, objets de maison et même des maillots de bain.
Comme Emmaüs, la Croix-Rouge française utilise les recettes de ses magasins pour financer ses actions sociales. Les dons reçus sont triés avec soin : seuls les vêtements neufs ou en excellent état sont proposés à la vente, le reste étant distribué gratuitement aux plus démunis. Certains articles, jamais portés, s’affichent à 10 % de leur prix d’origine, ce qui donne une idée du bon plan.

Comptez entre 3 et 5€ pour une jupe, 5 à 6€ pour une robe, et la majorité des chaussures, même griffées Jimmy Choo, tournent autour de 7€. À noter : la Croix Rouge est l’une des rares friperies à avoir appliqué des mesures sanitaires strictes, limitant le nombre de clients et imposant le gel à l’entrée.
Ding Fring
Si les boutiques exigües vous rebutent, Ding Fring va vous réconcilier avec la friperie. Ici, place à l’espace : pas d’escalier, allées larges, accessible aux personnes à mobilité réduite. On y trouve des vêtements pour femmes, hommes, enfants, ainsi qu’une section vintage. Les prix oscillent entre 5€ et 13€, jusqu’à 20€ pour certaines marques populaires comme Mango ou Desigual. Pour les chasseurs d’aubaines, les grands bacs à 2€ sont incontournables.
Emmaüs
Faire son shopping chez Emmaüs, c’est agir pour la planète, alléger son budget et soutenir la lutte contre l’exclusion. L’association, fondée en 1949, finance ainsi des emplois et des actions solidaires via ses magasins disséminés dans la capitale.
La boutique Communauté, boulevard Rochechouart (9e), propose un large choix d’articles : vêtements, livres, vaisselle, meubles, disques, jouets et même du petit électroménager selon les arrivages. Les marques vont de Massimo Dutti à Zara, H&M ou d’autres enseignes de mode actuelle, le tout en parfait état. Les vêtements s’affichent entre 5 et 40€, notamment pour les pièces de créateurs.
Dans la Friperie Solidaire du 12e arrondissement, l’ambiance est chaleureuse et l’espace bien agencé, avec deux cabines d’essayage. On y trouve des vêtements pour femmes, des articles de maison, des livres, DVD, vêtements enfants et jouets. Les prix sont attractifs : robes à 6€, chemises de marque à 5€, et un portant entier à 1€ pièce. Le personnel, ici, se distingue par son amabilité.
Emmaüs Défi du Centquatre, quant à lui, a des allures d’appartement rétro. La sélection est plus restreinte mais davantage orientée vintage, avec des prix allant de 10 à 50€. Chaque boutique Emmaüs a son identité : certaines sont immenses et vendent de tout, d’autres plus petites se concentrent sur le textile, certaines proposent même des créations recyclées issues de leurs ateliers. Ne vous fiez donc pas à une seule visite pour juger l’ensemble du réseau.
Pour y voir plus clair, voici un aperçu des adresses phares et de leurs spécificités :
- Emmaüs Défi : deux boutiques innovantes idéales pour découvrir les créations recyclées les plus originales. Le site de Riquet est le plus vaste, et le point de vente du Centquatre, dans un centre artistique, vaut le détour. Suivez leur page FB pour les infos sur les ventes spéciales et les horaires :
- 40 Rue Riquet, 19e : mercredi 13h30-18h, samedi 10h-18h
- 104 rue d’Aubervilliers/5 rue Curial, 19e : mercredi-vendredi 13h30-17h45, samedi 11h30-18h45
- Emmaüs Alternatives : réputées pour leurs ventes au kilo (1kg pour 10€), leurs sept adresses se concentrent sur vêtements, accessoires, livres, jouets, disques et petit électroménager. Les boutiques parisiennes :
- 13 rue Léopold Bellan, 2e : mardi-samedi 11h-19h
- 74 rue de Turbigo, 3e : lundi-samedi 11h-19h30
- 6 rue Monge, 5e : lundi-samedi 11h-19h30
- 43 rue du Faubourg du Temple, 10e : lundi-samedi 11h-19h30
- 54 rue de Charonne, 11e : lundi-samedi 11h-19h30
- 22 boulevard Beaumarchais, 11e : lundi-samedi 11h-19h30
- 105 boulevard Davout, 20e : lundi-samedi 11h-19h30
- Emmaüs La Friperie Solidaire : c’est ici que l’on trouve les sélections les plus élégantes du groupe, avec des prix légèrement plus élevés. « Le Labo de l’Abbé » propose même des vêtements upcyclés réalisés dans leur atelier. Plusieurs antennes existent en banlieue pour les curieux.
- 17 rue Chaligny, 12e : mardi-samedi 10h45-14h et 15h-19h
- Le Labo de l’Abbé, 25-27 rue Oberkampf, 11e : mardi-samedi 11h-14h et 14h30-19h (mercredi après-midi uniquement)
- Le Label d’Emmaüs : la boutique en ligne du réseau, qui regroupe les sélections de toutes les Emmaüs de France. Retrait sur place ou livraison dans tout le pays.
Bon à savoir : pour faire don de vos vêtements, vérifiez les horaires et lieux de dépôt sur le site de la boutique Emmaüs concernée, certains emplacements étant distincts des points de vente.
SAVIEZ-VOUS ? « Bric-à-brac » désigne un assortiment d’objets variés, souvent sentimentaux ou décoratifs, issus de l’expression « à bric et à brac ». En anglais, le terme a été adopté comme synonyme de « knick-knacks ».
Star « P » gratuite
Ouverte depuis 1994, cette enseigne a gagné son statut de référence auprès des Parisiens de tous âges. Ses trois adresses, toutes dans le Marais, sont faciles à enchaîner lors d’une même sortie. L’ambiance est électrique : les rayons ne désemplissent pas, même en semaine, et l’on croise autant de familles que d’étudiants branchés.
Les vêtements, sans classement strict par genre, s’amoncellent dans tous les styles et toutes les tailles. Entre pièces vintage des années 70 à 90 et marques actuelles comme Abercrombie ou Nike, il y a de quoi satisfaire toutes les envies. Les prix oscillent entre 5 et 15€. Côté accessoires, écharpes, sacs, chapeaux, ceintures et chaussures sont généralement bien conservés. Le must : le bac à 1€, où l’on peut dénicher des trésors pour moins cher qu’une baguette. Patience et flair sont vos meilleurs alliés.
Guerrisol
Ici, la bonne affaire est reine. Chemises à 2€, vestes d’hiver à 5€ : difficile de trouver mieux à Paris. La plupart des articles ne dépassent pas 20€, et les prix sont encore plus bas en semaine. Les rayons débordent de vêtements et accessoires pour hommes, femmes et enfants, tous triés par catégorie. Chaque jour, de nouveaux arrivages débarquent, issus d’entrepôts internationaux. Les cabines d’essayage sont nombreuses, ce qui facilite les essayages.
Quelques précautions s’imposent toutefois. La qualité n’est pas toujours garantie : mieux vaut inspecter chaque pièce, même à petit prix, pour éviter les mauvaises surprises (taches, bouloches…). Le magasin, parfois un peu défraîchi, n’affiche pas de grandes maisons de couture, mais on ne s’attend pas à trouver une pièce Chanel à ce tarif.

Guerrisol propose aussi une sélection réduite sur son site web, mais les prix y sont un peu plus élevés, et l’essayage reste impossible.
Kilo Shop
Le concept ? Acheter ses vêtements au poids, comme au marché. Chaque pièce porte un code couleur indiquant son tarif au kilo : rouge (20€/kg), vert (30€), bleu (40€), orange (60€), blanc (prix fixe). Pour estimer votre panier, des balances sont à disposition avant le passage en caisse. À titre d’exemple, une chemise revient à 5 ou 6€, une robe à 7-9€. Les tissus légers sont les plus avantageux.
Pour les plus malins, les gros bacs à l’entrée proposent chaque article à 4€. La sélection va du vintage au contemporain, avec aussi des accessoires et chaussettes neuves. Le magasin Kawaii, jumeau du Kilo Shop rue de la Verrerie, affiche les mêmes tarifs et une ambiance similaire. À noter : il existe des Kilo Shop dans plusieurs villes de France (Lyon, Nice, Lille) et même à l’étranger (Athènes, Tokyo).
Désir Vintage
À deux pas du falafel le plus réputé de la capitale, Désir Vintage ne paie pas de mine depuis la rue, avec sa façade d’ancien salon de coiffure. Mais à l’intérieur, les allées étroites regorgent de clients de tous âges, fouillant chaque rayon pour dénicher pantalons, jupes, manteaux, chapeaux ou sacs.

Depuis 2006, la boutique propose vêtements et accessoires pour hommes et femmes. On y trouve aussi bien des pièces vintage que des marques récentes comme Old Navy, Forever 21 ou Desigual. Robes et vestes tournent autour de 10€, chemises et chapeaux s’affichent à 5€. Un bac à 1€ attend les curieux prêts à fouiller. La cabine d’essayage, improvisée entre deux étagères, permet de tester tranquillement sa sélection.
Pour prolonger l’expérience, faites un saut au marché en plein air de la place d’Aligre : entre stands de nourriture, piles de chaussures et vêtements d’occasion, on peut repartir avec une pièce à 2€ seulement. Ici, la chasse aux bonnes affaires est un sport local.
Marché d’Aligre
Le Marché d’Aligre, longtemps ancré dans un quartier populaire, conjugue aujourd’hui authenticité et modernité. Les stands de « fripes » et le marché aux puces existent depuis le XVIIIe siècle, pensés à l’origine pour offrir des vêtements abordables aux habitants moins fortunés. Aujourd’hui encore, cet esprit communautaire perdure : il faut prendre son temps, fouiner, négocier parfois, mais les trouvailles ne manquent pas.

La plupart des vêtements sont mélangés, sans distinction de genre ni de taille. Peu de marques, peu de vintage « pur jus », mais la possibilité de négocier avec le vendeur, ce qui fait tout le charme du lieu. Certains stands crient des prix défiant toute concurrence, parfois 1€ la pièce. D’autres proposent des vêtements neufs à bas coût (chaussettes, sous-vêtements, pyjamas), pratique pour les voyageurs malchanceux. Prévoyez du liquide : la carte bancaire est très rarement acceptée.
Marché aux Puces de Saint-Ouen
On trouve de tout, vraiment de tout, dans le plus vaste marché d’antiquités et de seconde main au monde, y compris des vêtements d’occasion. Les boutiques vintage chics du Marché Vernaison, Bert Bert ou Serpette attirent une clientèle internationale, ce qui se ressent sur les prix, désormais élevés même pour les enseignes moins prestigieuses.
Pour dénicher la bonne affaire, misez plutôt sur les stands et tentes temporaires des rues Jules Vallès et Paul Bert. Ici, pas d’étiquettes, la négociation est reine : obtenir 20 % de rabais est courant, et dépasser 15€ par pièce est rare. Mieux vaut prévoir du cash, car les distributeurs sont peu nombreux dans le quartier, et les cabines d’essayage quasi inexistantes. Gardez aussi un œil sur vos affaires : pickpockets et foules denses font partie du décor.
Conseil pour l’accès : le trajet depuis la station Porte de Clignancourt n’a rien de charmant. Il faut traverser le marché de contrefaçons, passer sous le périphérique puis rejoindre l’authentique marché d’antiquités. Pour éviter la cohue, le bus 85 depuis Châtelet vous dépose directement rue Paul Bert.
À travers ces adresses, Paris révèle son talent pour la seconde main, où chaque trouvaille raconte une histoire, et où chaque euro dépensé compte double : pour la planète, pour votre style, et parfois pour une bonne cause. Alors, prêt à bousculer votre garde-robe et à écrire vous aussi la suite de la mode, pièce par pièce ?

